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 L'hygiène au quotidien

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Pipette
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Date d'inscription : 31/01/2007

MessageSujet: L'hygiène au quotidien   Mar 13 Fév - 1:20:31

L’hygiène du moyen âge n’est pas celle que nous connaissons aujourd’hui. Mais nous pouvons affirmer, grâce aux documents subsistant: tels que les traités de médecine, les herbiers, que l'eau faisait partie du plaisir.
Nous nous apercevons en général que l’hygiène (corporelle, de la maison, des vêtements…) est un sujet important.
Le Ménagier de Paris. (Traité de morale et d'économie domestique, composé en 1393 par un bourgeois parisien) fourni quelques recettes pour se débarrasser des puces, des mouches. Donnant aussi des recettes de parfums pour cacher les mauvaises odeurs



L’extrait suivant provenant du Ménagier de Paris , prouve bien que se laver est entré dans les mœurs :
"un jour advint que apres l'eure de midy ils se musèrent en un anglet de ce jardin, Susane vint ou dit jardin pour soy laver, selon ce que leur loy l'ordonnoit"

L’hygiène au moyen âge, s’articule sur deux points fondamentaux :

-
Tout d’abord , sur la propreté du linge de corps tel que les chemises en lin blanc (cf ci dessous: L’extrait du Ménagier de Paris) "Et pour ce aimez la personne vostre mary songneusement , et vous pry que vous le tenez nettement de linge"

- Ensuite , sur le nettoyage régulier des parties suivantes du corps : les mains et le visage. La raison est simple, c’est surtout pour répondre aux codes de bonne conduite.

Nous savons très bien que l’hygiène du corps dépend du niveau social de la personne:

Un paysan ira se laver quelques fois dans la rivière et en profitera pour laver son linge de corps.Comme le dit G.Vigarello dans le propre et le sale: "Entretenir la nettetté de ce qui se voit, effacer la crasse des parties visibles."
Le bébé prend son bain dès la naissance sur les enluminures, l’enfant est lavé dans un cuvier au bord de la cheminée.La fréquence des bains s'explique par les valeurs curatives qu'on leur attribue. "On le baigne et oint pour nourrir la chair nettement", dit Barthélemy l'Anglais, auteur du Livre des propriétés des choses.


Les personnes habitant en ville, ont la possibilité de fréquenter les bains publics, tenus par les étuviers, ils sont très répandus au XVème siècle , mais ils sont soumis à quelques ordonnances. A l'origine d'ordre essentiellement hygiénique, ces lieux de rencontres (qui ont pignon sur rue comme dans l'enluminure qui suit), ont pris une toute autre tournure où aucune pudeur n’était de mise, favorisant les échanges libertins avant ou après le bain dans des chambres adjacentes mais aussi offrant toutes sortes de plaisirs : les joies de la chair s’entremêlent au joie de la bonne chère..


Au début du 15e siècle un grand nombre d'étuves commencent à instaurer la séparation des sexes ; ainsi à Dijon, en , une ordonnance prescrit que, sur quatre étuves, deux seront réservées exclusivement aux femmes et deux autres, exclusivement aux hommes, sous peine d'avoir à payer une amende de 40 sols.
En 1412, une autre ordonnance décide que les étuves seront réservées aux femmes le mardi et le jeudi, et aux hommes le mercredi et le lundi. Les autres jours, les vendredi, samedi et dimanche, les étuves se transforment en lieux de plaisirs en tout genre.
Enfin , si vous étiez un seigneur, un bourgeois ou un noble, vous aviez la chance de posséder votre propre bain à domicile où les servantes s’affairaient pour vous laver.



L’hygiène au moyen âge ne concerne pas seulement la toilette du corps avec de l’eau. A cette époque, il possédait de nombreuses recettes afin de parfumer les eaux du bain, de dissimuler les mauvaises odeurs…
Or , au début du Moyen Age, la désapprobation de l'église favorise la régression de l’utilisation des parfums et autres produits cosmétiques, mais elle ne l’éradique pas pour autant. La France découvre alors les nouvelles techniques de distillations (grâce aux arabes) en ramenant l'alambic, ils réintroduisent ainsi l'habitude d'accompagner la toilette d'applications parfumées et favorisant ainsi la création de nouvelles senteurs telles que le musc, le santal, ou encore l'ambre... Le parfum fait alors partie à part entière de l'hygiène et de la toilette. On croit même à ses vertus médicinales. Ce sont donc les herboristes et les apothicaires qui vendent épices et arômes.

L'usage des parfums à la violette, la lavande, la fleur d'oranger se répand auprès des dames nobles ou fortunées et les élégantes dissimulent sous leurs vêtements ou dans leur linge des sachets parfumés.
Pour assainir et parfumer les maisons, on brûle du laurier ou du romarin dans les cheminées et on jonche le sol d'herbes odorantes


Il faut attendre la seconde partie du XIVe Siècle pour voir la naissance des parfums à base d'alcool grâce à l’alambic importé.
La première est l'Eau de la reine de Hongrie à base de romarin.
La légende raconte qu'elle fut offerte en 1380 à la reine par un moine !
Au XVe Siècle, les femmes découvrent les vertus hygiéniques et séductrice du parfum, elles n'hésitent pas à mettre dans leur bain des eaux fleuries et à s'enduire d'huiles parfumées.
Ce sont les eaux aromatiques qui suscitent beaucoup d’engouement : l’eau de rose, avec laquelle on se rince les doigts avant le festin, l’eau de menthe, l’eau de laurier, l’eau de fleur d’oranger, venue d’Espagne au XIV° siècle .

En plus des parfums, il connaissait le savon par exemple, à Paris, un décret de fabrication rend obligatoire l'apposition d'un sceau sur le savon. Il y avait trois sortes de savon : le gallique, le juif et le sarrasin, selon qu'il était fabriqué avec de l'huile ou de la graisse animale mélangée à de la potasse.

Il faut attendre le Moyen Age pour que le savon soit utilisé pour laver le linge.
Les arabes se servent de graisse animale, mais à partir du VIIIe siècle, on leur substitue de l'huile d'olive, qui seule donne avec une solution extraite des plantes, un savon à la consistance ferme, à l'odeur agréable et à usages multiples.
C’est au XIVe siècle que le premier savonnier marseillais apparaît :il s'appelle Crescas Davin (1371).
A partir du XVe siècle, le stade artisanal pour les besoins locaux sont dépassés par les demandes et l’on voit alors se créer à Marseille les premières savonneries « industrielles » qui vont produire pour Rhodes, Alexandrie et Genève.

Bien sur, pour ceux qui n’avait pas de savon , il restait la solution des plantes telles que la saponaire, on extrayait le suc des racines et en le mélangeant à de l’eau, la substance devient mousseuse.

L’ hygiène au moyen âge c’est aussi des produits cosmétiques tels que le dentifrice, le shampooing et le déodorant

Dans un herbier du XIIIème siècle, il conseille pour se laver la tête, de prendre du jus de bette pour éliminer les pellicules, les feuilles de noyer ou de chêne pour obtenir une belle chevelure. Dans ce même herbier, on préconise, pour éviter la "puanteur" de s'arracher les poils et de laver les aisselles avec du vin, associé à de l'eau de rose et à du jus d'une plante appelée casseligne. Pour se blanchir les dents, il faut se les frotter avec du corail en poudre ou de l'os de seiche écrasé.Mais aussi pour éviter d’avoir mauvaise haleine il est conseillé de mâcher des graines de coriandre ou de cumins.


Pour conclure, l’eau à un effet purificateur sur l’homme de sa naissance jusqu’à sa mort .

L'eau est considérée comme bienfaisante et purificatrice, le baptême rappelle cette notion où la personne est purifiée.

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